On démarre la rubrique Lectures avec un challenge du PIF et je deviens scientifique folle avec deux nouvelles et quatre romans lus!

Pas de PAL, pas de listes, je me laisse porter par l'air du temps, les conseils des copines, les chroniques découvertes sur le groupe fb du PIF, bref, je flane et je me fais plaisir. On verra bien en juin ce que ca donnera au niveau des challenges...

 

7ème lecture du PIF, de le cadre du partenariat de juin de Bookenstock: Le sang de la discorde de Laura Collins. 

Alors je vous le dis d'entrée, pour moi c'est un changement radical! Je ne suis pas Urban Fantasy et encore moins romance paranormale. Et là, rien que la couverture, j'ai l'impression d'entrer dans un univers à la twilight ;) Donc voilà, c'est un bond dans l'inconnu, mais j'ai eu l'occasion d'échanger avec l'autrice, très sympa, et je me fie à l'avis des vénérables Phooka et Dup, donc je me lance!

Informations de l'éditeur:

Pour sauver sa meute et Mia et réparer ses erreurs, il est prêt à tout. Bien qu’il se mêle plus volontiers aux humains que le reste de ses congénères, Rafael Sora s’efforce de respecter les règles nécessaires à la survie des siens, même si pour cela, il doit renier ses sentiments envers Mia. Pour continuer de dissimuler son existence aux yeux des humains, la meute de Rafael a fait des choix risqués et contre-nature, qui lui valent la haine féroce d’un clan rival, les Autres. Désormais, ces derniers n’ont qu’un seul but : les retrouver et les exterminer. Quand tout bascule, Rafael est déterminé à réparer seul l’erreur qu’il a commise. Mais pourra-t-il laisser son clan en danger et risquer de perdre Mia ?

Mon avis:

Bon (et ouf) nous ne sommes pas dans un roman ado à la Twilight. Loin de là. Autant pour la couverture. Et autant pour moi ;) Laura Collins aime les démarrages sur les chapeaux de roue, elle plonge son lecteur immédiatement au cœur de l’action, accident, hôpital, situation critique pour notre métamorphe et hop, c’est parti, on est dedans. Pas le temps de se poser de questions. L’autrice maitrise son sujet. Les relations entre les personnages et leurs « problèmes » d’identité (acceptation de soi, refus de se limiter à un monde, tolérance par rapport à l’autre) mais aussi les rapports de force (l'individu face à la meute, le rôle de l'alpha) sont au cœur du roman mais ne freinent pas l’action, le rythme est soutenu, on ne s'ennuie pas. Beaucoup de dialogues, pas de temps mort, l’affaire est rondement menée et surtout, bien que les sentiments soient bien présents et assez classiques, la romance ne prend pas ici le pas sur le reste. Mes réticences ont été rapidement balayées et j’ai passé un bon moment grâce à Laura Collins.

6ème lecture du PIF, je reste dans ma découverte des univers fantasy de Paul Beorn avec Le Septième Guerrier Mage.

Informations éditeur:

J’ai pillé, brûlé, tué. Puis j’ai déserté l’armée la plus puissante du monde. Je voulais être libre, vivre la belle vie loin de cette foutue guerre... Mais voilà que je dois défendre un village de paysans contre cette même armée dont je portais les couleurs. Des milliers de soldats sont en marche. Former des combattants, monter des fortifications, trouver des armes... Ces culs-terreux croient dur comme fer que je porte le pouvoir d’un Guerrier-Mage. Moi, je ne donne pas cher de nos peaux. Mais il y a au moins une personne dans cette vallée que je ne pourrai jamais abandonner, alors j’irai jusqu’au bout. Mon nom, c’est moi qui l’ai choisi : je suis Jal, celui-qui-ose.

Mon avis:

J'ai été surprise par la narration à la première personne, mais rapidement convaincue. On se retrouve dans la tête de Jal et on avance avec lui, on veut combattre ses combats! Et on se découvre, pardon, on découvre Jal bien plus intéressant qu'au premier abord. Ce roman m'a moins fascinée que l'épopée de Calame (c'est écrit pour un public plus jeune que celui de Calame) mais l'histoire fonctionne bien et la plume de Paul Beorn est toujours aussi belle.

5ème lecture dans le cadre du PIF et du "mois de Paul Beorn" sur Bookenstock: Calame - 2 - Les deux Royaumes.

Informations éditeur:

Le chef légendaire Darran Dahl n’est pas mort. Il est prisonnier avec ses compagnons dans la forteresse de Frankand sous un faux nom. Sa fille Maura, interrogée par le conteur D’Arterac, doit continuer leur histoire. Alors que la jeune fille raconte les batailles qui ont changé une poignée de fugitives en une armée de femmes, les dernières rebelles attaquent la prison pour libérer leurs camarades. Passé et présent se rejoignent, la lutte reprend contre le Roi Lumière. Mais l’issue de la guerre dépend de cette monstrueuse magie de la renommée, le « Calame », dont la puissance dévore tout ceux qu’elle touche. Et c’est D’Arterac, l’incorruptible conteur, qui en détient les clefs.

 

Mon avis:

Le tome 2 débute par une très belle entrée en matière avec Grante devenu grand, très grand même. Ensuite vient un petit bémol (vraiment tout petit et très subjectif): les panthères. Leur violence contre les femmes hors de leur troupe m'a fait un petit peu vaciller et j'ai eu besoin de quelques chapitres pour revenir dans l'histoire, entrer vraiment dans le roman et retrouver le plaisir du premier tome. 

Passé ce petit problème de démarrage en revanche plus possible de lacher le roman, de m'en échapper! J'étais à nouveau happée par l'histoire, avide de connaître la suite! J'ai suivi Maura avec beaucoup de bonheur. Finalement découvert toutes les variations des sentiments des panthères/fantômes à l'égard des autres. Suivi le réveil du conteur, ses peines et son envol. Adoré la fin (ah non, je n'en dirai pas plus). Et puis j'ai un faible pour cette idée de Calame: la croyance, la force de l'imagination, la ferveur des croyants, crée l'existence, donne vie à ce qui n'était qu'une idée, une légende.

Au final un excellent second tome qui tient toutes ses promesses.

4ème lecture de mars: Calame - 1 - Les deux visages de Paul Beorn, dans le cadre du "mois de" sur Bookenstock.

 

Informations éditeur:

Après un an de guerre civile au royaume de Westalie, une rébellion est écrasée dans le sang au cours de l'assaut contre la capitale. Son chef légendaire, Darran Dahl, est tué dans un affrontement avec le roi lui-même et ses partisans sont jetés au cachot. D'Arterac, célèbre légendier, vient trouver la jeune Maura, la première lieutenante de Darran Dahl, et lui propose un marché : la suspension de son exécution en échange de la véritable histoire du chef rebelle, ce mystérieux guerrier aux origines obscures, aux intuitions géniales, que l'on prétendait indestructible. La jeune fille raconte alors sa rencontre avec cet homme, dont elle a été la domestique avant de devenir sa plus fidèle alliée au cours de la guerre civile. Mais, profitant de ce sursis, Maura prépare peu à peu son évasion pour reprendre la lutte...

Mon avis:

Je n'avais plus depuis longtemps fait une telle expérience de lecture immersive, compulsive. De 10h du matin à 20h, je n'ai pas lâché ce texte, lu d'une traite ou presque (oui, parfois je mange et parfois un membre de ma famille a besoin de moi). Bref, lu en un jour et avec un plaisir rare, une faim dévorante de savoir, bien au-delà d'une simple gourmandise. Je vais attendre la sortie du tome 2 en avril, avec une impatience hors norme. Mais venons en au texte lui-même. La structure narrative double (d'une part le récit du passé et d'autre part la tentative d'évasion dans le présent) est efficace, et fait écho à ma propre passion des trames croisées. Le passé tient cependant dans ce premier texte une place bien plus importante que le présent que l'on croit prévisible et qui finalement (sans spoiler) se révèle étonnant dans les dernières lignes. Le style est agréable, fluide, les personnages prennent corps petit à petit, sans lourdeur, naturellement. L'univers se met en place par petites touches, sans rien coûter à l'action. Un vrai plaisir. Et puis pour la féministe que je suis, quoi de plus merveilleux que de découvrir derrière le schéma paternaliste classique du père qui cherche à protéger sa fille, une foule de femmes qui prennent leur destin en main et se lèvent contre le Roi de Lumière et sa loi anti-femmes. Je vous conseille donc de vous plonger d'urgence dans ce premier volet (si ce n'est pas déjà fait), afin d'accueillir dignement le second !

Troisième lecture de mars, une courte nouvelle de Sophie Moulay L'obstination des pendules.

Appréciant surtout ses textes SF et sa série policière rétro-fantastique Les enquêtes d'outre-tombe, je me suis fait une joie de dévorer cet après-midi sa petite nouvelle gratuite en ligne.

Le sujet :

Bienaimée est une psychologue atypique au patient tout en bleu et obsédé par le temps et les pendules obstinées. Les pendules obstinées? Oui, celles qui refusent de donner l'heure exacte mais qui gardent avec exactitude toujours le même retard. Bienaimée commence à douter d'elle-même et de ses pendules. Mais son patient n'a que faire de ses doutes. Il a un plan. Il veut attraper le temps. Et on verra bien qui fera le malin.

Mon avis:

C'est un texte très court, à croquer entre deux romans. Pour le plaisir de découvrir l'écriture très maîtrisée de son autrice. Les deux personnages sont bien campés. La théorie scientifique décalée tellement bien expliquée qu'on se prend à douter. On se souvient d'une pendule qui ... non, ce n'est pas possible, à moins que ... Bref, on se laisse prendre et on sent la prof de maths derrière l'autrice dans cette recherche de la réalité du temps.

 

Second livre lu en mars et première nouvelle.

Ca sert d'être malade, coincé au lit ! On enchaine avec Visite fantôme de Luce Basseterre une chouette lecture, rapide et efficace, dans la collection Chronopages de III5 (j'avais déjà lu Orwell m'a tu de Bruno Pochesci et acheté en même temps Visite fantôme mais oublié de le lire...).

Informations de l'éditeur:

En acceptant de reprendre un chantier suite à la disparition du directeur qui en avait la charge, Sophie Compagnon ne pensait pas remettre en question sa vision de la réalité. Mais il est des lieux en ce monde (ou dans un autre) qui ont vocation à vous bouleverser. Que l'ont ait des preuves de leur existence ou non.

Mon avis:

Un style incisif, direct, très prenant. Une maison qui fait ce qu'elle veut. Et une directrice de chantier qui ne se laisse pas impressionner par l'étrangeté de son aventure. On la suit pas à pas, smartphone/carnet de croquis en mains, jusqu'à la noirceur des profondeurs. C'est court, c'est vif, c'est parfait pour un après-midi.

Premier roman lu en mars: Les Arpenteurs d'Anna Combelles.

Informations de l'éditeur:

Les Arpenteurs naissent lors d’un déchirement temporel. Chaque aléa de l’histoire crée un nouveau monde, une alternance autour d’une branche principale. Dans chacun de ces univers, les humains se dédoublent à l’instant précis de la scission. Mais les Arpenteurs restent uniques et gagnent la liberté de se déplacer entre ces mondes, ces ramifications parfois très dangereuses. Groupuscule secret, ils œuvrent pour que leur existence et celles des autres réalités restent secrètes. Jusqu’à ce qu’un tremblement de terre perturbe les convictions de chacun…

Avec Les Arpenteurs, l’auteure de La Complainte d’Irwam se tourne vers l’uchronie, et propose un roman où les convictions jouent de drôles de tours aux personnages…

Mon avis:

J'ai beaucoup aimé l'idée du déchirement temporel qui crée des mondes et des réalités alternatives avec des individus qui peuvent passer d'un monde à l'autre. Le principe n'est pas sans rappeler The man in the high castle de l'américain P.K.Dick que j'ai adoré mais le traitement est très différent et original. Les personnages qui s'opposent mais qui sont contraints de collaborer, les univers parallèles et leurs évolutions, tout est très travaillé et cohérent. L'aventure est prenante, on ne s'ennuie pas une seconde au fil de l'histoire. Ajoutons à cela une écriture agréable, qui rend la lecture aisée. Les Arpenteurs sont une chouette découverte pour cette première lecture du PIF 2021.